Parfois décrié, parfois jalousé, le chasseur sous marin n'a pas toujours bonne presse !
Pourtant se développe chez beaucoup d'entres nous une certaine responsabilité vis en vis de notre environnement, et en particulier le milieu marin où nous évoluons régulièrement.
Le but de cet article est de mettre en avant une éthique qui va nous permettre de gérer notre environnement au mieux afin de profiter longuement de ses bénéfices sans toucher à son capital.
Le chasseur a la chance, pour peu qu'il soit un peu assidu, de choisir ses prises. Ce n'est pas le cas pour bon nombre de technique de pêche. Il est donc possible et vivement recommandé de tirer des prises de tailles " raisonnables " pour plusieurs raisons :
Les coraux sont à la fois l'habitat et le garde manger des poissons. Il est donc important de prendre soin d'eux en évitant de les casser avec les palmes dans des gestes maladroits.
Utilisez si possible des corps morts dans les zones où les coraux sont présents ou le cas échéant, vérifier son mouillage afin qu'il ne dérape pas, brisant des dizaines voir des centaines d'années de croissance corallienne. Il est possible de se fabriquer un corps mort en utilisant un lest important, fonction de la taille du bateau. A éviter cependant certains corps morts " sauvages " et destructeurs comme ceux utilisés par les clubs de plongée à Sainte Luce : une chaîne passée autour d'une caye, 5 mètres carrés désertifiés par l'action mécanique de la chaîne !
Par ailleurs, je vous conseille vivement de visiter le site de la DIREN (Direction régionale de l'environnement): www.martinique.ecologie.gouv.fr
Par conséquent, la chasse sous marine pratiquée avec une certaine éthique n'est que peu dommageable pour notre environnement.
Nous pouvons répondre aux détracteurs " pseudo-écolos " qui achètent leurs poissons dans une grande surface que pour pouvoir leur proposer quotidiennement un bel étalage de poissons frais et variés, le commerçant est obligé de gaspiller une grosse quantité d'invendus qui seront jetés quelques jours plus tard. Sans parler des techniques peu sélectives employées pour les capturer (filets et casiers à mailles trop petites) qui, en plus des dégradations physiques provoquées sur les coraux, déciment des quantités de poissons juvéniles, ne leur laissant pas le temps de connaître les joies de la reproduction !
En résumé, le " chasseur sous marin responsable " doit :
- connaître le milieu marin et se documenter
- connaître et respecter les cantonnements de pêche et la réglementation en vigueur. Pour cela, il faut prendre son permis gratuit aux affaires maritimes (Attention, ouvertes que le matin) en se munissant d'une attestation d'assurance responsabilité civile pour la pratique de la chasse sous marine. Remarque : La délimitation du cantonnement de St Luce n'est pas bonne sur les documents des affaires maritimes ! Elle place la grande caye hors cantonnement ! Voir carte marine du shom pour comparer. J'ai déjà informé deux fois les affaires maritimes à ce sujet.
- Utiliser si possible des corps morts, le cas échéant vérifier votre mouillage afin qu'il ne dérape pas, brisant des dizaines voir centaines d'années de croissance corallienne.
- Sélectionner des prises de tailles " raisonnables "
- Communiquer et expliquer autour de lui le bien fondé d'une attitude respectueuse de l'environnement afin que notre passion puisse perdurer.
- Se fédérer pour pouvoir être représenter dignement sur le plan national et international, licence FNPSA chez les VIVA'N'eau, club de pêche sous marine en Martinique. (contact Benoît FOURMONT 06 96 71 01 11).
Delphine GUEYDAN et Benoît AUBERT, professeurs de sciences de la vie et de la terre, passionnés de chasse sous marine.